Lorsque je fus mutée à Lyon, la solitude me pesant, j'avais décidé d'adopter un chien. Et là, dans une cage, à la SPA, je l'ai vue. Ma blonde aux yeux d'or, croisement de berger allemand et de malinois, alors âgée de quatre mois. Abandonnée à cause justement de ce croisement.

Ce fut un coup de foudre réciproque. Nous avions dû nous connaître dans une vie antérieure. Je ne l'ai jamais dressée, au sens de l'habituer à exécuter des tours de cirque. Nous fonctionnions par télépathie, je crois. Elle m'obéissait sur un simple clin d'œil et me surveillait toujours du coin de l'oreille, même au plus profond de son sommeil. Elle était devenue mon ombre et ma confidente. Elle savait mes chagrins et venait les consoler. Elle savait mes joies aussi, et le traduisait par des gambades ridicules pour un animal de cette taille, et des battements de queue qui pouvaient être douloureux pour qui passait à sa portée. Elle était là, toujours, attentive, à écouter, ombre claire et aimante.

Elle partageait mes joies et mes bonheurs, aimait ceux que j'aimais, ou les supportait, mais faisait les yeux noirs à ceux que j'évitais.

Ma mère, jalouse, l'avait déclarée stupide parce que, loin de l'être, stupide, justement, elle la considérait avec méfiance, mais avait, par contre, signé un traité d'amour immédiat et réciproque avec mon grand-père.

Je la revois, jeune mère, empêtrée de ses 6 petits, venir m'implorer de la soulager de son fardeau, pour pouvoir souffler un peu. Elle cohabitait à la perfection avec Sacha, mon chat, et avec Françis, celui de ma voisine.

Elle acceptait et supportait avec courage et patience les agaceries de mon ami de l'époque, mais elle ne l'aimait pas. Elle le craignait, et l'acceptait, pour moi.

Je ne me pardonnerais jamais le mal que j'ai pu lui faire les deux fois, où, croyant qu'elle serait plus heureuse parce que je devais partir habiter dans une tour en banlieue parisienne, je l'avais confiée à des gens habitant à la campagne. L'un l'avait enchaînée à sa niche, dans la boue et l'avait sauvagement battue lorsqu'elle avait essayé de s'échapper. Malade de son absence, j'étais allée la voir, et horrifiée, je l'avais kidnappée pour la ramener à la maison. L'autre n'était pas méchant, mais très pauvre et elle mourait de faim, là-bas, dans la montagne. Je suis donc allée la chercher. Mais cette fois-là, elle m'a boudée, longtemps. Je crois qu'elle ne m'avait pas pardonnée de l'avoir laissée une fois encore. Je la revois encore, me regardant partir, les oreilles grandes dressées.

Elle fut mon 1er bébé, et 10 ans de ma vie et d'amour simple et sans exigence ………….

par Croc publié dans : Mes fauves communauté : Chez Marie!
Dimanche 27 avril 2008

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