En faisant le ménage, tout à l'heure, sur mon disque dur, j'ai retrouvé ce petit poème, stocké dieu sait quand, dieu sait pourquoi. Et j'ai souri : quand j'avais 9/10 ans, il m'avait paru un horrible pensum.
Mais maintenant, avec mes cheveux gris, je me dis : il avait bien raison.


Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
Assise aupres du feu, devidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous esmerveillant :
Ronsard me celebroit du temps que j'estois belle.

Lors, vous n'aurez servante oyant telle nouvelle,
Desja sous le labeur à demy sommeillant,
Qui au bruit de mon nom ne s'aille resveillant,
Benissant vostre nom de louange immortelle.

Je seray sous la terre et fantaume sans os :
Par les ombres myrteux je prendray mon repos :
Vous serez au fouyer une vieille accroupie,

Regrettant mon amour et vostre fier desdain.
Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :
Cueillez dés aujourd'huy les roses de la vie.


par Croc publié dans : humeur de chèvre communauté : Chez Marie!
Mardi 29 avril 2008

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