Il est des jours où j'ai l'impression de vivre dans un rêve.

Ce ciel toujours bleu, les chants des oiseaux, cette grande pièce toute en bois et en bambou. Je lève les yeux de mon écran et par l'embrasure de la porte, j'aperçois les arbres en fleurs, les couleurs, comme lavées par une récente averse, claquent dans l'air pour l'instant débarrassé de la poussière.  La pluie a traversé le toit en paille de la terrasse, il faudra le refaire, ce toit, un jour, qu'importe, les flaques miroitent dans la lumière et c'est irréel.

 


Les chiens dorment, chacun dans un coin de la salle, allongés sur le sable qu'un paysan du village est venu pelleter, et le bonheur de servir les clients pieds nus dans ce sable toujours frais……………

 

Une charrette tirée par des zébus passe dans la rue, les enfants, dans l'église proche, chantent un cantique. Est-ce l'absence de pollution sonore? Leurs voix avoisinent le son du cristal pur.

 

Les femmes qui passent, indolentes, drapées dans leurs lambahoany aux couleurs vives, "de longues tiges dressées, cambrées, belles à vénérer, , qui portent leurs ballots sur la tête comme les fleurs leurs pétales. Leur cou ressemble à un collier de grâce, leur visage respire la douceur et la fermeté……………."(J.C Grangé)

 

Et la langueur des jours sous le soleil, le temps s'étire, et brusquement la nuit tombe. Littéralement. Soudain, il fait noir. Les arbres prennent des airs de fantôme, les chiens deviennent blancs dans la lueur des lampes, et enfin il fait frais; c'est vrai la saison sèche arrive, nous amenant enfin de la fraicheur la nuit, et toujours ce grand soleil le matin au réveil………….

Comment, dans ce cadre de rêve, au milieu de ces gens dignes et souriants, affables et gracieux, trouver motif à maugréer ? Comment imaginer une seule seconde quitter ce pays magnifique, extravagant et somptueux dans ses paysages, pour retourner vivre dans la grisaille, la pollution, le froid et la peur ? Si les dieux me l'accordent, j'aimerais finir mes jours ici, où tout doucement, je trouve enfin la paix………….

 

par Croc publié dans : humeur de chèvre communauté : Madagascar, la Grande ile
Lundi 21 avril 2008

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